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2012 Accents 1

Pour la Suisse des régions !

Le mot «région» est magnifique

A l’évidence, la Suisse est forte de sa diversité, d’une coexistence intelligente entre des régions, des cultures, des réalités sociopolitiques qui ne s’annulent pas mais se
renforcent. Il en va de même de la SSR. La coopération entre les 4 régions audiovisuelles du pays est exemplaire. Parce qu’elle respecte profondément les différences tout en cherchant inlassablement les points communs. En un mot, le succès de la SSR tient au fait qu’elle sait éviter la mystification de l’uniformité théorique.

Le mot «région» est magnifique, propice à de subtiles interprétations. Un mot qui évoque d’abord les contours un peu flous d’un grand espace. La définition territoriale de la région n’est pas stricte. La région peut être ainsi immense lorsqu’on en est fier, plus étroite lorsqu’elle nous gêne.

La région est ainsi un concept souple, mobile dans son interprétation. En ce sens, c’est un concept particulièrement moderne. La «région» n’est pas associée à la dimension un peu guerrière, repliée sur elle-même, de la «nation», ou de «l’Etat-nation». Une région peut ainsi enjamber les frontières.

Mais même temps, la région exprime le sentiment d’appartenance. Appartenir à une région signifie partager quelque chose de fort, un mode de vie, des goûts, une histoire commune.

En bref, la région est à la fois locale et globale. Les Anglo-Saxons, qui ont le sens de la formule et du raccourci, appellent «glocal» cette précieuse qualité.

Ainsi, à l’échelle de la Suisse, la région romanche dispose de la même légitimité que ses cousines francophone, alémanique ou italophone. Et son «local» comme son «global» ont une saveur spécifique qu’il faut savoir reconnaître et apprécier.

Gilles Marchand (Directeur Radio Télevision suisse)